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Topinambours et Billevesées FO/tuppl*

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Botanique et idées claires sous un ciel sombre. (*Far-Out / toujours un peu plus loin...)


Justice : De l'importance du taux de glucose

Publié par JCR sur 2 Juillet 2015, 11:14am

Catégories : #A wonderful world

Aveugle, peut-être, mais a t-elle pris un bon petit-déjeuner?

Aveugle, peut-être, mais a t-elle pris un bon petit-déjeuner?

Les décisions judiciaires sont elles seulement basées sur les faits et les lois ?

Les lecteurs de T&B/FO-tuppl, savent déjà de longue date, qu'il est préférable de porter des lunettes devant le juge pour lui inspirer la clémence.

Afin de confirmer, pardon, d'infirmer le vieux dicton qui prétend que la justice se résume surtout à ce que le juge a avalé au petit déjeuner, une équipe de chercheurs de l'Université de Princeton, s'est intéressée à la nature des verdicts, classés en deux catégories "favorables" et "rejetés", en fonction du moment de la journée.

Il s'avère que le nombre de décisions favorables au prévenu diminue brutalement peu après le début de la session et reste bas jusqu'à la pause suivante.

En clair, l'effet de l'augmentation du taux de glucose dans l'organisme se fait ressentir immédiatement dans les jugements, le juge est soudain débonnaire, mais il redevient vite acariâtre jusqu'à la prochaine prise.

Le cas étudié au retour de la pause recevra toute la bienveillance du juge, voyez avec votre avocat – et n'oubliez pas vos lunettes ! 

Les courbes montrent avec netteté que la proportion de jugements favorables est plus importante après une pause du juge. La proportion passe de 65% de décisions favorable à près de zéro.

Les courbes montrent avec netteté que la proportion de jugements favorables est plus importante après une pause du juge. La proportion passe de 65% de décisions favorable à près de zéro.

L'étude repose sur plus de 1100 décisions de justice, prises par huit juges dont deux femmes, sur une période de 50 jours pendant dix mois. Près de 80% des cas étaient des demandes de liberté conditionnelle, de changement de prison ou de retrait du bracelet électronique.

Un juge prend en charge entre 14 et 35 cas par jour, pour une délibération moyenne de 6 mn. L'étude s’intéresse à l'heure de la journée à laquelle la demande du prisonnier était effectuée et sa position de passage.

Des recherches précédentes avaient montré que le fait d'effectuer des choix multiples ou de prendre des décisions répétées altérait les capacités cognitives des individus, ce qui pouvait influencer la nature des décisions, notamment occasionner une certaine routine et une diminution globale de la compassion.

La fatigue mentale augmente les tendances des individus à simplifier leurs choix en vue de maintenir un certain status quo. Ce qui suppose que plus les cas défilent, plus le juge sera enclins à maintenir les choses en l'état, et donc, à rejeter les demandes de liberté conditionnelle des prisonniers.

Les fonctions cognitives peuvent être avantageusement rétablies par certaines méthodes de relaxation mais aussi en augmentant le taux de glucose de l'organisme. Et pour cela quoi de mieux qu'une pause sandwich ?

Dans cette étude, deux pauses ''casse-croûte'', partagent la journée du juge en trois sessions distinctes, et le rapport "jugement favorable" / "heure de passage" donne des résultats très révélateurs.

Globalement, 64.2% des demandes des prisonniers étaient rejetées, mais la probabilité d'obtenir un accord du juge se révèle être plus forte en début de session, c'est-à-dire, au début de la journée ou après l'une des deux pause casse-croûte...

Ce qui suggère que certaines décisions peuvent être influencées par l'effet de l'augmentation du taux de glucose dans le sang après la pause – en plus de tout un ensemble de variables extérieures et impertinentes.

Les auteurs de l'enquête élargissent leurs conclusions en supposant que cela concerne toute prises de décisions en série, quelque soit le domaine d'exercice, médecine, finance, correction de copies... 

C'est-à-dire que, selon l'heure de passage, vous sortirez de chez le docteur avec une petite grippe, comme tout le monde, ou bien votre chikungunya est diagnostiqué. Le banquier accordera le prêt plus facilement après un en-cas. Le prof vous donne un onze sous l'effet du glucose contre un neuf ce dernier dissipé. Et ça change tout ! 

De fait, pensez à avoir toujours sur vous une barre énergétique (à faire soi-même), des biscuits ou des carrés de chocolat à distribuer à l'autorité pour l'amadouer. 

À bon entendeur... 

L'étude en anglais

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