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Topinambours et Billevesées FO/tuppl*

Topinambours et Billevesées FO/tuppl*

Botanique et idées claires sous un ciel sombre. (*Far-Out / toujours un peu plus loin...)


L'argent engendre un comportement irrationnel, mais c'est génétique...

Publié par JCR sur 19 Janvier 2008, 01:46am

Catégories : #A wonderful world

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Préféreriez-vous gagner 50 000€ par an, alors que les autres n'en gagnent que 25 000, ou bien gagner 100 000€, alors que les autres en empochent 250 000 (sans que les prix des biens et services n'augmentent) ?

Curieusement, la plupart des personnes interrogées choisissent la première option, c'est à dire la perte sèche de 50 000€, mais en gagnant plus que le voisin, ce qui est parfaitement irrationnel... mais profondément inscrit dans nos gènes et connu sous le nom d'aversion de la perte.

Si on propose 100€, à partager avec un tiers, sans quoi l'argent est perdu, un partage de 90 – 10%, est bénéfique aux deux. Mais les personnes interrogées refusent jusqu'au rapport de 70 – 30%. Elles sont donc prêtes à refuser jusqu'à 30€ - et laisser perdre 100€, au nom d'une certaine équité morale.

Une expérience, avec des singes capucins, à qui les chercheurs avaient distribué des jetons à échanger contre des fruits, montre que ces derniers sont deux fois plus retenus par la peur de la perte que motivés par le gain.

Ce comportement serait issu d'un sens de l'équité, un altruisme réciproque, héritage génétique des âges farouches, quand il y a 10 millions d'années, les premiers rapports d'échange, les notions d'approvisionnement et de partage, naissaient dans les communautés de primates du paléolithique.

Les résultats de ces multiples enquêtes, menées dans le cadre d'une recherche en neuro-économie, tendent à démontrer que l'homo-économicus, au comportement prétendument rationnel n'existe pas et qu'au contraire il n'échappe pas à une irrationalité humaine – trop humaine.

Article en anglais, via Neatorama

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Florian 26/01/2008 13:06

Ok ! Dès que j'ai un peu de temps, je viens expliquer la différence entre :- aversion au risque- aversion au regret (qui est une inteprétation possible de l'aversion au risque)- aversion à l'inégalité- aversion à la perte- aversion à l'incertitudeCa risque de prendre un peu de temps et de place. Je tape ça dès que je peux.

JCR 28/01/2008 22:44

Cool, la place c'est pas grave et on a tout notre temps, merci :)

Florian 22/01/2008 22:02

Ok ! J'ai vu. Mais je ne traduirai pas la phrase comme signifiant que les gens sont prêts à payer 50 pour aller chez le psy, mais qu'ils laissent les 50 comme remède contre le regret (autre traduction de "regret therapy"). Là aussi le journaliste a tort. Il confond encore l'aversion au regret (dite aussi aversion au risque) et l'aversion à l'inéquité.L'aversion au risque ne peut pas avoir lieu dans un choix où il n'y a pas de risque. Or, dans ce scénario et le précédent, les choix sont surs : le joueur choisit ce qu'il veut et le reçoit avec une probabilité p=1. L'aversion au risque est utilisée pour prédire les comportements des gens pour des situations où ils doivent faire un choix entre deux loteries incertaines. Par exemple, le joueur doit choisir entre jouer à la loterie A et à la loterie B :Loterie A : 80% de chances de gagner 10.000 euros, 20% de gagner 0Loterie B : 1% de chances de gagner 1.000.000 euros, 99% de gagner 0Selon la théorie classique du choix rationnel (Pascal-Bernouilli-Von Neumann-Morgenstern), l'espérance d'utilité de la première loterie est u1 = 0.8 x 10.000 = 8.000et l'espérance de la deuxième loterie est u2 = 0.01x1.000.000 = 10.000,selon cette théorie, un joueur rationnel doit choisir la loterie B. Mais, dans les faits, certains choisiront la A. Pour expliquer ce phénomène, on introduit la notion d'aversion au risque, ou d'aversion au regret : la loterie B fait gagner plus, mais il y a de fortes chances de regretter son choix, étant donner que A est beaucoup plus sure.Et là, je viens de m'apercevoir que dans votre billet, vous parlez d'aversion à la perte, et non au risque, et en fait, c'est encore différent, mais j'ai un coup de barre...(En tout cas, l'article de Neatorama semble un petit peu confus sur ces notions)

JCR 23/01/2008 23:02

Merci, c'est très interressant, mais ça me rappelle que mon interret pour l'économie s'était heurté à mes lacunes en math, et ça me désole encore...  N'hésitez pa s à repasser pour nous éclairer sur l'aversion à la perte, du coup, quand vous serez remis :)

Florian 19/01/2008 15:44

Pour avoir fait un peu de neuroéconomie, je me demande si l'article ne confond pas deux types de comportement distincts, relevés par les économistes expérimentaux :- l'aversion à la perte- l'aversion à l'inégalitéQui ne sont pas la même chose (les modélisations sont différentes). L'exemple de ce billet me semble relever plus du second que du premier.

JCR 21/01/2008 21:44

Ah, possible... un exemple cité dans l'article que je n'ai pas repris dans le billet était celui du cinéma:Préférez vous être le centième client et empocher un prix de 100$ ou être juste après le millionnième qui prend1000$ et vous un lot de consolation de 150$.Les personnes interrogées choisissaient en majorité la première possibilité même pour cinquante de moins. Le journaliste insinuait que le bonus de cinquante allait servir à payer une séance de psy.

Le Monolecte 19/01/2008 09:54

Au contraire, c'est très rationnel!Il y a des pays où tout le monde est millionnaire... en ayant pas de quoi bouffer!La richesse est une valeur relative : si tu as 250 000€ dans un pays où tout le monde en a 300 000, il y a fort à parier que le pouvoir d'achat est fonction du revenu moyen... sous lequel tu te trouves. Donc t'es pauvre. Par contre, si tu touche 50 000€ dans un pays où la majorité gratte 25 000, il y a des chances que le niveau de vie soit aligné sur 25, et donc, tu es plutôt aisé...Le corolaire de tout ça?C'est que si tu décides que tout le monde touche la même somme, quelque soit son âge, son sexe, son activité... ben l'argent ne veut plus rien dire!En Frace, je crois qu'on a les moyens de faire en sorte que chaque français touche 30 000€/a, de 0 à 120 ans. Certains verraient ça comme une grosse baisse du pouvoir d'achat, mais pour la majorité d'entre nous, ce serait assurément le signe d'une nette amélioration de leurs conditions de vie!

JCR 21/01/2008 21:25

Ah, ben oui, vu sous cet angle, je n'avais pas pensé à ça, mais je pense que l'enquête partait du principe d'un pouvoir d'achat équivalent à 100000 comme à 25000, dans une société de consommation avancée - limite faisandée - en l'occurence les Etats Unis. J'ai noté € mais l'article dit $. Je pense qu'il est question de pouvoir d'achat "ressenti" en gros, plutot posseder une Twingo là où tout le monde roule en mob qu'une Mercedes au millieu des Rolls.J'aime bien l'idée de rémunération à la naissance, ce serait un vrai signe d'avancement de la société que d'affranchir l'hô du travail. En réservant la possibilité aux gourmands de gagner plus s'ils veulent travailler plus, bien sur.

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