De 1986 à 2006 - depuis la mort de Malik Oussekine jusqu'à la récente crise des banlieues, Chirac était en poste et la fourchette chronologique est déjà une accusation en soi. Franz-Olivier Giesbert dans « La Tragédie du président, scènes de la vie politique » (Flammarion, 414 p., 20 €) présente le Chirac qu'il connaît bien.
J'ai eu envie d'en parler après en avoir lu les bonnes pages dans le Monde.
Cela dit, je le prendrais à la bibliothèque quand j'aurais un bras dans le plâtre, faut pas déconner non plus.
FO Giesberg présentait son bouquin chez Durand, ce soir. On lui opposait la conjuration des hyènes : Séguéla, désormais vieillard sirupeux et grand Manitou des menteurs, publicitaires média-men et autres communicants et aussi l'ancien beau du gouvernement Raffarin, Ferry, pas Jules, le fameux, l'autre, celui dont on oublie le prénom, le philosophe de salon. Ils lui reprochaient vertement de cracher dans la soupe et de tirer sur l'ambulance mais, surtout, de mettre à jour la collusion, la complicité de la presse et du pouvoir. On lui fit même l'affront, Ô suprême offense, de le comparer au Canard Enchaîné.
C'est marrant mais pour moi, ça sonne comme un compliment. François Olivier Giesberg est scandaleux en lui même: Il quitte l'Obs pour l'ennemi direct Le Figaro, dont le président Hersant, avait avalé le canard de ses parents, avec peu d'égards... C'est une personnalité complexe, en tout cas il mène la seule émission littéraire intéressante de la télé normale.
Là, il balance des trucs privés, du off, il fait sa petite pute de journaliste et se drape dans l'éthique de la profession pour en miner les fondements. La révélation que la presse ment avec les hommes de gouvernement n'étonne plus personne, la société est donc mure.
Quelques exemples tirés des bonnes pages du bouquin, assez parlants:
Quand il arrive au ministère de l'intérieur (en mars 2004), Dominique de Villepin ouvre tout de suite la chasse au Sarkozy.
Il aurait fomenté l'affaire Clearstream de toutes pièces...
Il prévient tout de suite Jean-Pierre Raffarin :
"Ça y est, on le tient ! Sarkozy, c'est fini. Si les journaux font leur travail, et s'ils ont des couilles, il ne survivra pas à cette affaire-là."
Tout ne se passe pas si bien, ce fut en présence de de Villepin, place Beauvau, que Sarkozy éructa :
« Un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher. »
Classe quand même, faut le dire un truc comme ça, c'est bon pour Tapis !
Le temps passe. Vient la composition du gouvernement la meilleure solution, c'est Sarkozy. Il faut passer un pacte avec lui :
Chirac : "Je n'ai pas confiance. Il est fou."
Il est juste en train de parler du futur chef des flics.
Monod : "Non, il n'est pas fou. Juste maniaco-dépressif."
Ah bon, ça rassure pour le type le plus dangereux de France, je veux dire au poste le plus dangereux.
Quand Chirac reçoit Sarkozy, il lui jette tout à trac :
"Tu es la meilleure solution pour Matignon, (bla-bla) Mais (bla-bla) tu es le seul d'entre nous qui peut gagner la prochaine élection présidentielle et, en t'exposant ainsi, je te mettrais en danger. Le plus vraisemblable, dit le président, c'est que je ne serai pas candidat. Dans cette hypothèse, tu auras besoin de moi. »
Vraisemblable, hypothèse...Chirac n'a pas renoncé à se représenter ? Pendant ce temps le premier ministre fait de la poésie 'concrète', comme il aime :
« La France a envie qu'on la prenne. Ça la démange dans le bassin. Celui qui l'emportera à la prochaine élection (érection ?), ce ne sera pas un permanent de la politique, mais un saisonnier, un chenapan, un maraudeur." Il pronostique la chute de celui qu'il appelle, selon les jours, le "nain" ou le "nabot", "C'est un fasciste, un fasciste à la française, prêt à tout pour arriver à ses fins." Il compare Sarkozy au général Boulanger : "Un allumeur, un baratineur de soirée dansante, mais il serait bien incapable de faire un enfant à la France. Il n'a rien dans le pantalon. »
Tant que c'est pas un petit dans le dos ! Faudrait pas qu'il se méprenne, le Villepin, la France n'a peut être pas envie de se faire enc***
... Oups, pardon ! Le Villepin se mesure aux burnes, que cela se sache pour savoir où taper en premier.
Mais on ne prendra pas la place de Sarkozy comme ça :
« Ça fait trente ans que je me bats. Pour me déloger, il faudra y aller à l'arme blanche. »
Voilà, juste pour dire qu'ils en ont quand même rien à foutre qu'on crève, ces
cons.
- Voir les 1 commentaires - Recommander


















Derniers Commentaires