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Topinambours et Billevesées FO/tuppl*

Une guerre d'Apaches...

11 Novembre 2006 , Rédigé par JCR Publié dans #Mon petit Liré


En 1914, Henri Fauconnier quitte sa plantation de caoutchouc en Malaisie pour la guerre. Démobilisé en 1919, il a écrit à Madeleine, la femme qu'il aime, durant ces cinq années. Il obtient le prix Goncourt en 1930 pour un roman (Malaisie).
Le Monde avait jadis publié les bonnes pages de sa correspondance, sous le titre, Un goncourt dans la tourmente...

"C'est une guerre d'apaches. On a distribué, à tous les soldats des haches et des couteaux à cran d'arrêt. La baïonnette ne sert qu'une fois. On la laisse dans le corps de l'adversaire et on va, fendant les tètes ou coupant les gorges".

"Et puis tout à coup, c'est comme une course effrénée de chats qui miaulent dans les airs. Dix, vingt chats enragés dans une brouette. Puis un tout petit silence. Puis un taratata taratata, et un autre long miaou plaintif, les griffes qui s'éparpillent".

"On voit de longues files silencieuses d'hommes descendre la pente à droite et à gauche. (...) Les hommes paraissent calmes et résolus. Peu de fusils mais beaucoup de grenades et de couteaux. Dans le grand silence qui s'est fait, on dirait que se sont des fantômes qui passent. Pâles et tous pareils".

"Je n'ai point de goût pour la guerre, mais ce qui m'y dégoûte le moins, c'est la guerre"

"J'ai encore couché sous les étoiles. Un éclat d'obus, gros comme un domino est venu se blottir dans mes couvertures avec un cri plaintif. Il était chaud comme un oiseau qu'on vient de tuer. Je l'ai gardé".

"Les hommes qui allaient se battre avaient des visages ternes et des yeux d'animaux qu'on torture".

"En Europe, tout sue la guerre, même la paix. Ce parc (d'où je t'écris) qui n'est pas clôturé par économie, est entouré d'écriteaux menaçants: «pièges à loups», Dans un pays où il n'y a pas de loup on devrait avoir la franchise de mettre «pièges à hommes»".

"Nous ne pouvons pas, voix-tu juger ce qu'il se passe dans le coeur du combattant. Il ne hait plus qu'une chose: La guerre. S'il meurt c'est pour vivre, s'il tue c'est pour aimer. J'ai peur pour l'humanité, car ceux qui la dirigent n'ont pas fait la guerre".
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